A l'occasion de la sortie du premier album d'Arbeit!, Zum einem neuen Licht, je vous propose une entrevue avec le musicien.
N'étant pas particulièrement doué pour les chroniques fastidieuses, que je trouve trop personnelles pour être objective et représentive, je vous invite à découvrir sa musique sur sa page
Myspace.
En attendant, lisez donc ce qui suis pour vous faire une idée du personnage...
Narcisse:Pourrais tu décrire sommairement le projet Arbeit!, son style, si tu te ranges dans une catégorie particulière...?
Arbeit! :
Je n'ai jamais pensé à une étiquette lorsque j'ai commencé Arbeit! Pour moi c'était l'occasion de composer sans ma guitare. C'était aussi un moyen de mettre en avant mon goût de la musique
classique, des musiques de films, du néo folk et de l'indus en particulier martial.
Narcisse:
Quel a été ton parcours musical avant Arbeit! ?
Arbeit!:
L'origine de tout a été mes débuts à la guitare, j'avais 10ans, et à l'époque, j'étais à fond dans tout ce qui était trash, death metal et grindcore d'un autre côté, j'aimais bien
des groupes comme Police, The Cure, Depeche Mode, ou Pink Floyd. Après arrive le temps des premiers groupes. J'ai donc participé à pas mal de groupes, de metal évidemment mais aussi rock, et même
variétés qui me permettaient de gagner des sous :)
En arrivant sur la région parisienne en 2002, j'ai pu participer à l'album Sadistic Sex Daemon de Misanthrope pour lequel j'ai enregistré des solos de guitare. En même temps, j'avais commencé à
bosser sur un projet, avec Steeve Petit, qui est désormais connu sous le nom de Zuul Fx, mais comme selon lui être père est incompatible avec le fait d'être musicien, j'ai claqué la porte.
Après ça, j'ai eu une petite période de remise en question, puis j'ai commencé à bosser sur un projet metal-indus. Finalement, en juin 2006, j'ai posé les bases de ce qui allait devenir
Arbeit!
Narcisse:
Il y a un monde entre le metal et le neofolk. Qu'est ce qui t'as poussé à fonder un projet comme Arbeit! après un parcours comme celui
là?
Arbeit!:
Tout simplement, je commençais à être lassé du monde du metal, et je voulais faire quelque chose de VRAIMENT différent, sans passer par la guitare. Et à celà s'ajoute le fait que
depuis un bon moment maintenant, j'écoute des groupes comme Death In June ou Der Blutharsch qui ont été mes premières amours neo-folkiennes.
Narcisse:
Ce sont ces groupes en particulier qui t'on influencé pour Arbeit!, donné l'envie d'explorer le neofolk?
Arbeit! :
Entre autres. Un album comme "Take Care and Control" (note: Death in June) m'a fortement marqué par exemple, mais Arbeit! est vraiment le résultat d'une somme d'influences diverses et
variées, car je ne savais vraiment pas où j'allais, et même encore maintenant que l'identité du projet est plus clair, un grand nombre d'influences nourrissent Arbeit! Et pour être tout à fait
honnête, même si on retrouve bien entendu des éléments néo folk, indus, je pense que Arbeit! est au delà de ces étiquettes.
Narcisse:
Comment s'est passé l'enregistrement de l'album et sa distribution? As-tu rencontré des difficultés?
Arbeit! :
Pour l'enregistrement, il n'y a pas eu de réelles difficultés si ce n'est celle de tout faire tout seul. Etant compositeur, interprète, ingé son et j'en passe et des meilleurs, il faut savoir
prendre le recul nécessaire pour avoir la vision la moins subjective possible sur le morceau. Et pour la distribution ça a été encore plus simple. Lorsque j'eus fini de composer 3 morceaux, j'ai
crée ma page myspace et rapidement, j'ai eu des supers retours et des propositions de plusieurs labels.
AWP était l'un de ceux là, et de par leur catalogue, l'enthousiasme avéré et la totale liberté artistique dont j'ai disposé ont fait que j'ai signé avec eux.
Donc, je n'ai pas eu à contacter tous les les labels de la planète pour espérer décrocher un deal. C'était déjà un souci de moins, et il ne me restait plus qu'à faire le meilleur album
possible
Narcisse:
Il semblerait que ta distribution et ta promo se passe mieux à l'étranger qu'en France. Comment l'expliques-tu?
Arbeit:
On n'est jamais prophète en son pays! Plus sérieusement, je pense qu'au vu du thème abordé, Arbeit! doit faire un peu peur ... La France est déjà un pays frileux à la base, alors
si en plus tu viens remuer certains souvenirs pas très agréable -n'oublions pas que la majorité des français n'ont pas exactement été des héros- he bien ça donne cette situation où je suis plus
connu à l'étranger qu'en France.
Narcisse:
Désolé de la question bateau, mais n'y a t-il pas un soupçon de provocation dans ton concept?
Arbeit! :
Oui et non...
Oui, parce que c'est évident que de parler de cette période, de par les samples utilisés, de par l'imagerie, ça fait réagir. Mais l'idée n'était pas de choquer pour choquer.
L'idée est déjà de penser à toutes ces personnes qui ont vécu cette période en se demandant ce qui se passait, et qui essayait de survivre au jour le jour.L'autre idée est aussi vis à vis de tous
les donneurs de leçon qu'on rencontre de nos jours qui dénoncent les collabos et en les montrant du doigt. Mais eux même, qu'auraient ils été à cette époque ? N'auraient ils finalement pas bien
gentiment levé le bras droit comme la majorité en pensant à son p'tit bien être ?
Narcisse:
Quel est ton sentiment vis-à-vis de la scène neofolk actuelle? Je parle des abus possibles des groupes qui se perdent dans une imagerie qu'ils ne maitrisent pas forcément,
et ce qui en découle (interdictions de concert, etc...)?
Arbeit! :
Tant que la démarche est sincère, et que le groupe ou projet sait de quoi il parle, ça ne me pose pas de souci. Après, on constate qu'une partie des groupes utlisent effectivement l'imagerie SS
comme un gimmick, et là ça me gêne déjà plus, parce qu'on ne peut pas parler de ce genre de sujet à la légère. Après pour les interdictions de concerts, les antifa utilisent des méthodes qui sont
exactement les méthodes qu'ils sont censés dénoncer, alors bon ...
Narcisse:
Crains-tu de subir le même sort lorsque tu envisagera la scène?
Arbeit! :
Je me pose la question. Mais comme le show ne sera pas une ode au 3ème Reich, je ne m'en fais pas trop, même si certains crient au scandale à la moindre image de l'armée allemande, mais en même
temps, ces faits sont arrivées, tout ceci s'est vraiment passée, et on ne peut pas passer sa vie à faire l'autruche ou à détourner le regard. Alors oui, ça m'ennuierait que des petits esprits
m'empêchent de jouer, mais je ferai tout ce que je peux pour que tout se passe au mieux. C'est pour ça que dans chaque interview que je donne, je prends le temps d'expliquer le pourquoi du
comment de cet album, ayant bien conscience du sujet sensible qu'il représente, je prends le temps d'expliquer ce qu'il en est afin de lever les doutes.
Narcisse :
Parlons-en de ton album! Il s'agit donc d'un concept-album, construit d'après une certaine logique, presque une chronologie?
Arbeit!:
Oui, ce n'était pas l'idée originale, mais au fur et à mesure de la composition, je me suis aperçu que les chansons suivaient une certaine logique.Ca commence donc à la
déclaration de guerre, avec la foule en délire suivant aveuglément leur chef, jusqu'à la fin où finalement, il n'y a pas de réel gagnant parce qu'au final qu'est ce que la guerre ? Des morts, des
orphelins, la souffrance ...
Narcisse:
Quel matériel et logiciel utilises tu pour créer ta musique?
Arbeit!:
Je travaille sur Cubase SX, et après j'ai une multitude de VST (instruments virtuels) et aussi pas mal de samples principalement pour les
percussions et les ambiances.
Narcisse:
Que sont devenus les morceaux "the grass is always..." et « Chromosome Nightmare" présents sur ton Myspace pas sur l'album?
Arbeit!:
"The Grass ..." est en fait basé sur un texte écrit par Douglas P. de Death in June. Il l'a mis en libre utilisation sur le website de DIJ et a encouragé toute personne se sentant de le faire de
faire leur propre version. Ce que j'ai donc fait.
Pour "Chromosome Nightmare", il s'agit tout simplement du premier morceau que j'ai fait avec Kenji Siratori. Ca devait être le seul, mais il lui a tellement plu, que finalement, on fait un album
entier ensemble ; donc ce morceau finira sur un album.
Pour "the Grass ..." il est en libre téléchargement.
Narcisse:
Peux tu nous en dire plus au sujet de ta collaboration avec Kenji?
Arbeit! :
Kenji m'a contacté, comme il l'a fait avec beaucoup de musiciens avant moi, pour faire un morceau avec lui. J'ai trouvé l'idée intéressante, et il m'a donc envoyé un fichier audio de lui récitant
un de ses textes, et ça a donné "Chromosome Nightmare". Il a été enthousiasmé pour le morceau et m'a demandé à ce qu'on fasse tout un album ensemble et nous travaillons donc dessus actuellement.
J'écris à partir des textes qu'il me fournit, mais je n'hésite pas à traiter sa voix de façon radicale parfois, car ne comprenant pas le japonais, je n'ai pas de retenue quand à la structure
grammaticale, seul comptent la musicalité. Mais heureusement pour moi, il me fournit toujours une traduction anglaise de ses textes.
Narcisse:
As-tu des projets de scène dans un avenir proche?
Arbeit! :
Pour l'instant, je travaille à l'élaboration du show, pour proposer autre chose qu'un type avec son pc portable et son tom basse. Je vais donc proposer un show en
collaboration avec une performeuse du nom de Vdrey (www.myspace.com/vdrey).
Narcisse:
As tu des anecdotes à aconter au sujet d'Arbeit!, lors de la conception de l'album?
Arbeit! :
Hmmmm, ça m'a couté une fortune en café et en thé! Et plus sérieusement, lors de la conception de l'album, j'ai dû apprendre à manipuler pas mal d'effets et de techniques de mixages. Une sorte
d'apprentissage en temps réel, car si j'ai une formation de musicien, je n'étais pas un grand ingé son jusqu'à présent. Maintenant je m'en sors beaucoup mieux !
Narcisse:
Que peut-on attendre de ton prochain album?
Arbeit! :
Des évolutions d'un point de vue musical, un autre thème et ça sera également un concept, c'est tout ce que je sais pour le moment.
Narcisse:
Le mot de la fin?
Arbeit!:
J'aime la vodka, le champagne et les jolies brunes aux yeux verts.